-----Message d'origine-----
De : atouzra@amnesty.org
A : liste@maghreb-ddh.sgdg.org
Date : vendredi 30 mars 2001 12:06
Objet : Conférence de Presse et Lettre Ouverte : Tunisie : [français]
AMNESTY INTERNATIONAL
>FEDERATION INTERNATIONALE DES LIGUES DES DROITS DE L'HOMME (FIDH)
>HUMAN RIGHTS WATCH
>OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME
>ORGANISATION MONDIALE CONTRE LA TORTURE (OMCT)
>REPORTERS SANS FRONTIERES (RSF)
>RESEAU EUROMEDITARRANEEN DE DROITS DE L'HOMME
Conférence de presse – Briefing
TUNISIE : L’ENVERS DU DECOR
Les défenseurs des droits de l’Homme tunisiens interpellent la Commission des droits
de l’Homme de l’ONU Palais des Nations, Vendredi 30 mars 2001, de 13 h. 00 à 15 h. 00, Salle XXI
>Alors que le Président français, Jacques Chirac, s’adresse pour la première
>fois à la Commission des droits de l’Homme de l’ONU, sept ONG
>internationales de défense des droits de l’Homme et plusieurs représentants
>de la société civile tunisienne interpellent les Etats membres de la
>Commission des droits de l’Homme, pour qu’ils réagissent aux violations des
>droits de l’Homme en Tunisie.
>Au cours des six derniers mois, la répression en Tunisie a connu un
>renforcement sans précédent. Les défenseurs des droits de l'Homme, les
>mouvements syndicaliste et étudiant ainsi que les journalistes, ont
>constitué, pour le régime, des cibles privilégiées : suspension des
>activités de la nouvelle direction de la Ligue des droits de l’Homme
>(LTDH), coupures de lignes téléphoniques et de fax, sabotage de véhicules,
>confiscation de passeports, filatures, menaces verbales, interdictions de
>quitter le territoire, licenciements abusifs, arrestations arbitraires,
>procès inéquitables, agressions en pleine rue, tentatives d'assassinat,
>etc.
> Alors que la Commission des droits de l’Homme de l’ONU vient d’entamer
>l’examen du point de son ordre du jour intitulé “ Violations massives,
>flagrantes et systématiques ”, des représentants de la société civile
>tunisienne, invités par les organisations citées en en-tête, exposeront à
>la presse, aux Rapporteurs spéciaux de la Commission des droits de l’Homme
>et à ses Etats membres la situation des défenseurs des droits de l’Homme en
>Tunisie, ce 30 mars 2001, au Palais des Nations. Il s’agit de Sihem
>Bensedrine, Porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie
>(CNLT), de Bochra Belhajd Hamida, Présidente de l'Association tunisienne
>des femmes démocrates (ATFD), de Radhia Nasraoui, avocate, de Chawki Tabib,
>Président de l'Association tunisienne des jeunes avocats (ATJA) et de
>Mokhtar Trifi, Président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme
>(LTDH). Le débat sera modéré par Kamel Jendoubi, Président du Comité pour
>le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT).
>Cette conférence s'inscrit dans le cadre de la “ Caravane pour les droits
>de l'Homme en Tunisie ” - une série d’événements organisés dans plusieurs
>pays pour mobiliser l'opinion sur la dégradation des libertés et des droits
>de l'Homme en Tunisie.
> Le même jour, dans une lettre ouverte au Commissaire européen Chris
>Patten, au Haut Représentant Javier Solana et aux Ministres européens des
>Affaires étrangères, ces organisations (ainsi que Avocats sans Frontières
>et le Service International des droits de l’Homme) appellent l’Union
>européenne à réagir concrètement à la détérioration des droits de l’Homme
>en Tunisie. L’Union européenne et la Tunisie sont liées par un accord
>d’association, signé le 17 juillet 1995, qui comprend une clause sur les
>droits de l'Homme qui lie juridiquement les parties (article 2) mais n’a
>pourtant jamais été invoquée.
>La lettre est consultable sur les sites suivants : www.fidh.org,
>www.amnesty.org, www.euromedrights.net, www.omct.org, www.rsf.fr,
>www.hrw.org
Contacts à Genève :
AI : Sophie Marsac Tél. (41) 22 798 25 00
FIDH : Eleni Petroula Tél. (41) 22 700 12 88
OMCT : Nathalie Mivelaz Tél. (41) 22 809 49 39
> AMNESTY INTERNATIONAL
> AVOCATS SANS FRONTIERES
> FEDERATION INTERNATIONALE DES LIGUES DES DROITS DE L'HOMME
> HUMAN RIGHTS WATCH
> OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME
> ORGANISATION MONDIALE CONTRE LA TORTURE
> REPORTERS SANS FRONTIERES
> RESEAU EURO-MEDITERRANEEN DES DROITS DE L'HOMME
> SERVICE INTERNATIONAL DES DROITS DE L’HOMME
Bruxelles, le 29 mars 2001
>Mesdames et Messieurs les Ministres des Affaires Etrangères des Etats
>membres de l'UE
>Monsieur le Haut Représentant pour la politique étrangère de l’UE,
>Monsieur le Commissaire européen Chris Patten,
>Excellences,
>Nous souhaitons nous adresser à vous à propos de la prochaine réunion du
>Conseil d'Association UE/Tunisie qui devait se tenir le 10 avril. L'accord
>d'association, signé le 17 juillet 1995 par la Communauté européenne et les
>Etats membres de l'UE, d'une part, et par la République de Tunisie d'autre
>part, et qui est entré en vigueur le 1er mars 1998, comprend une clause
>concernant les droits de l'Homme qui lie juridiquement les parties (article
>2). Cette clause stipule que tant les relations entre les parties que
>l'ensemble des dispositions de l'accord lui-même, sont fondées sur le
>respect des droits de l'Homme et des principes démocratique, qui guident
>leur politique interne et internationale, et constitue un élément essentiel
>de l'Accord.
>Nos organisations estiment que le Conseil des Ministres de l'UE et la
>Commission européenne se doivent d'aborder de manière concrète les
>importantes préoccupations que soulève la situation des droits de l'Homme
>en Tunisie dans le cadre du Conseil d'Association, et qu'il leur revient de
>mettre en place un mécanisme qui puisse assurer le suivi nécessaire de
>cette situation, de manière à en susciter et à en vérifier l'amélioration.
>La détérioration de la situation des droits de l'Homme en Tunisie (voir
>document ci-joint) depuis que l'Accord d'association entre la Tunisie et
>l'UE est entré en vigueur constitue un véritable défi quant au bien fondé
>de la politique européenne à l'égard de ce pays, mais également, de manière
>plus large, à l'égard de la région méditerranéenne. La manière dont l'UE
>agit à cet égard vis-à-vis de la Tunisie, le premier pays avec lequel un
>accord d'association est entré en vigueur, aura valeur de précédent quant à
>sa crédibilité et à son efficacité dans sa manière d'aborder les questions
>relatives aux droits de l'Homme avec ses autres partenaires méditerranéens.
>Comme a pu le noter la Commission européenne elle-même dans sa
>communication récente relative au renforcement du processus de Barcelone du
>6 septembre 2000, les droits de l'Homme, la démocratie, la bonne
>gouvernance et l'état de droit devraient faire l'objet de discussions
>régulières avec les partenaires, et notamment au sein du Conseil
>d'Association. La Commission déclare “Cela pourrait amener à la mise en
>place de groupes de travail conjoints sur les droits de l'Homme” … qui
>“viseraient à s'entendre sur un certain nombre de repères concrets et de
>critères objectifs qui devraient être passés en revue au sein des
>différents Conseils d'association.... La coopération dans le domaine des
>droits de l'Homme, de la bonne gouvernance et de l'état de droit devrait
>avoir pour objectif principal la création d'un climat dans lequel les ONGs
>pourraient travailler de manière productive."
>En sa résolution du 14 décembre 2000, le Parlement européen a exprimé son
>inquiétude quant à la situation des droits de l'Homme et a appelé la
>Conseil et la Commission “ à faire usage de tous les moyens prévus par
>l'accord d'association entre l'UE et la Tunisie pour assurer le respect des
>libertés démocratiques et des droits de l'Homme et, en ce qui concerne la
>prochaine réunion du Conseil d'association UE-Tunisie, d'examiner, en
>particulier, la situation des droits de l'Homme en Tunisie et les
>restrictions apportées aux activités des associations indépendantes, dans
>le contexte du programme MEDA-Démocratie ”.
>Dans une résolution antérieure adoptée le 15 juin 2000, le Parlement
>européen insistait sur le fait que la promotion des droits de l'Homme, de
>la démocratie, des libertés fondamentales, de l'état de droit et d'une
>gestion saine des affaires publiques constitue un élément essentiel de
>l'Accord d'association UE-Tunisie, en vue de créer un corps de valeurs
>partagées. Dans cette résolution, le Parlement européen exprimait son
>inquiétude quant à la situation des droits de l'Homme en Tunisie et
>appelait le Conseil d'Association à mener à bien dès que possible une
>évaluation commune du respect des droits de l'Homme en Tunisie, de manière
>à impliquer les deux parties à aborder le sujet, et demandait à la
>Commission de présenter au Parlement un rapport sur l'évolution de la
>situation des droits de l'Homme en Tunisie.
>Le 25 janvier 2001, la Commission nationale consultative des droits de
>l'Homme de la République française priait le gouvernement français
>d'encourager ses partenaires européens à prendre des mesures qui puissent
>assurer un suivi de la situation des droits de l'Homme en Tunisie dans le
>cadre de l'Accord d'association (article 2), notamment à l'occasion de la
>prochaine réunion du Conseil d'association. Avis portant sur la
>dégradation de la situation des droits de l'Homme en Tunisie, 25 janvier
>2001, Commission nationale consultative des droits de l'Homme de la
>République française.
>Dans ce contexte, et à la lumière des attaques et des restrictions de plus
>en plus graves que subissent les défenseurs des droits de l'Homme de la
>part des autorités tunisiennes, Amnesty International, Avocats sans
>Frontières, la Fédération Internationale des Ligues des droits de l'Homme,
>Human Rights Watch, l’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des
>Droits de l’Homme, l’Organisation Mondiale Contre la Torture, Reporters
>sans Frontières, le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme, et le
>Service International des droits de l’Homme demandent instamment à l'Union
>européenne qu'elle réclame de la Tunisie qu'elle remplisse ses obligations
>qui découlent de l'Accord d'association et des instruments internationaux
>relatifs aux droits de l'Homme, notamment en:
> - libérant toutes les personnes détenues ou emprisonnées uniquement
> pour avoir exercé de manière non violente leur liberté d'expression,
> d'association ou de réunion;
> -restituant leur liberté de circulation à toutes les personnes qui sont
> privées arbitrairement de leur passeport ou à qui il est interdit de
> quitter le pays;
> -mettant fin à toute forme de harcèlement à l'encontre des défenseurs
> des droits de l'Homme et de leur famille, notamment, entre autres
> mesures, en leur restituant leurs passeports, et en rétablissant les
> services de téléphone et de fax dont ils ont été privés; en mettant
> fin aux surveillances policières qui constituent manifestement des
> formes d'intimidation; et en autorisant toutes les organisations
> indépendantes de droits de l'Homme, en ce compris le Conseil National
> des Libertés en Tunisie (CNLT) et la Ligue tunisienne des droits de
> l'Homme (LTDH) à agir dans la légalité et librement, conformément à la
> Déclaration sur les défenseurs des droits de l'Homme des Nations
> Unies.
> -en instaurant des mesures efficaces de prévention contre l'usage de la
> torture à l'encontre de personnes détenues par la police;
> -en instaurant un système crédible et transparent chargé de mener des
> enquêtes sur les abus, et d'assurer que les auteurs de violations des
> droits de l'Homme soient identifiés et traduits en justice.
> -En invitant en Tunisie la représentante spéciale du Secrétaire général
> des Nations Unies sur les Défenseurs des droits de l’Homme
>De plus, la Tunisie devrait être instamment priée de ne pas faire obstacle
>aux efforts que la Commission européenne mène pour accorder un soutien
>financier aux associations tunisiennes non-gouvernementales qui en font la
>demande. L'indépendance de la Commission quant aux décisions liées au
>programme MEDA-démocratie devrait être pleinement reconnue par les
>partenaires méditerranéens.
>L'article 2 de l'Accord euro-méditerranéen d'association UE-Tunisie offre
>un fondement pour la mise en place de programmes d'encouragement à la
>protection et à la promotion des droits de l'Homme. Par conséquent, nous
>demandons instamment à l'UE de s'assurer que la coopération bilatérale
>qu'elle entretient avec la Tunisie inclue une composante importante visant
>au renforcement des droits de l'Homme et de l'état de droit.
>En outre, l'article 2 de l'Accord euro-méditerranéen d'association
>UE-Tunisie prévoit également des actions concrètes en cas d'abus graves et
>soutenus. Nous estimons donc que la pleine mise en œuvre de l'Accord
>d'association avec la Tunisie exige que l'Union européenne soulève
>certaines préoccupations concrètes en matière de droits de l'Homme, et
>fasse pression afin d’obtenir des améliorations qui puissent être vérifiées
>sur la base des recommandations énumérées plus haut ainsi que des
>recommandations énoncées par les organes des Nations Unies.
>Nous demandons donc au Conseil des Ministres de l'Union européenne et à la
>Commission européenne de mettre en place des mécanismes concrets à même
>d'évaluer régulièrement le respect de l'article 2 par toutes les parties à
>l'Accord euro-méditerranéen d'association. Ces mécanismes devraient
>comprendre:
> -le contrôle régulier et impartial des développements dans le domaine
> des droits de l'Homme et des libertés fondamentales sur le territoire
> de chacune des parties contractantes;
> -le contrôle de la mesure dans laquelle les défenseurs des droits de
> l'Homme sont libres d'agir et de s'exprimer pour défendre les droits
> d'autres personnes;
> -l'émission de recommandations spécifiques dont le respect puisse être
> mesuré régulièrement, et qui visent à améliorer la situation des
> droits de l'Homme, en prenant en compte les recommandations émises par
> les organes des Nations unies à propos du pays en cause;
> -des démarches appropriées à l'égard des pays concernés en vue de la
> résolution de situations individuelles dans lesquelles des violations
> de droits de l'Homme fondamentaux ont eu lieu ;
> -l'insertion de l'évaluation du respect de l'article 2 comme point
> spécifique à l'ordre du jour de toutes les réunions organisées
> conformément à l'Accord, et en particulier, les réunions du Conseil
> d'Association ; et
> -Encourager le gouvernement tunisien à ce qu’il invite la représentante
> spéciale du Secrétaire général des Nations Unies sur les Défenseurs
> des droits de l’Homme à effectuer une visite en Tunisie.
>Ce sont là les raisons qui nous amènent à vous demander instamment de faire
>en sorte que le Conseil d’association qui devait se tenir le 10 avril
>prenne place dans les plus brefs délais. La prochaine réunion du Conseil
>d'Association ne peut se permettre d'être une nouvelle occasion manquée
>mais devrait, au contraire, constituer le point de départ d'un processus
>visant à aborder de manière efficace les problèmes des droits de l'Homme en
>Tunisie . A cette fin, elle devrait arrêter des points de repère
>détaillés qui pourront servir d'instruments d'évaluation pour les futures
>réunions liées à l'Accord d'association.
>Nous vous remercions vivement de l'attention que vous voudrez bien réserver
>à la présente et vous prions d'agréer l'expression de notre haute
>considération.
>Amnesty International EU Office Rue du Commerce 70-72 B-1040 Bruxelles
>Tel +3225021499 / Fax: +322 5025686 - e-mail: doosting@aieu.be
>Avocats Sans Frontières rue de l'Enseignement, 91, B-1000 Bruxelles
>Tél ++32 2 223 36 54 / Fax ++32 2 223 36 14 - e-mail : info@asf.be
>Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) - 17,
>Passage de la Main d’Or 75011 Paris - Tel: +33143552518 / Fax:
>+33143551880 - e-mail: fidh.bruxelles@linkline.be
>Human Rights Watch 15, Rue van Campenhout 1000 Brussels
>Tel: +3227322009 / Fax: +3227320471 e-mail: hrwbe@hrw.org
>Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme
>(FIDH/OMCT)
>e-mail: observatoire.paris@wanadoo.fr
>Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) 8 rue du Vieux-Billard,
>Case p)ostale 21, 1211 Genève 8 - tel : +41 22 809 49 39 / fax : 00 41 22
>809 49 29
>Reporters sans frontières 5, rue Geoffroy-Marie F-75009 Paris –
>Tel : +33144838471 - Fax : +33145231151 - e-mail : moyen-orient@rsf.fr
>Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme - Wilders Plads 8H -
>DK-1403 Copenhagen K Tel: +45.32.69.8910 / Fax: +45.32.69.8901 - e:mail:
>posten@euromedrights.net
>Service International des Droits de l’Homme 1, rue de Varembé - P.O. Box
>16 - CH - 1211 Geneva 20 CIC - Tel : +41 22 733 51 23 - Fax: +41 22 733 08
>26 - E-mail: hrdo@worldcom.ch
>Copie :
>-Mme Catherine von Heidenstam, Ministère des Affaires étrangères, Suède
>-M. Goblet d’Alviella, Ministère des Affaires étrangères, Belgique
>-M. Alberto Navarro, Cabinet du Haut représentant de l’Union européenne
>-Mme Gonzalez Durantez, Cabinet du Commissaire Chris Patten
>-Mme Vicky Bowman, Cabinet du Commissaire Chris Patten
>-M. Alexandre Zafiriou, Secrétariat général du Conseil
>-M. Lothar Jaschke, Secrétariat général du Conseil
>-Mme van den Heuvel, Secrétariat général du Conseil
>-M. Jan Thesleff, Représentation permanente de la Suède auprès de l’UE
>-M. Raimon Obiols, Président de la Délégation du Parlement européen pour
>les relations avec les pays du Maghreb
>-M. Elmar Brok, Président de la Commission du Parlement européen pour les
>affaires étrangères, les droits de l'Homme, la sécurité commune et la
>politique de défense
> AMNESTY INTERNATIONAL
> AVOCATS SANS FRONTIERES
> FEDERATION INTERNATIONALE DES LIGUES DES DROITS DE L'HOMME
> HUMAN RIGHTS WATCH
> OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME
> ORGANISATION MONDIALE CONTRE LA TORTURE
> REPORTERS SANS FRONTIERES
> RESEAU EURO-MEDITERRANEEN DES DROITS DE L'HOMME
> SERVICE INTERNATIONAL DES DROITS DE L’HOMME
>Document Public 29 mars 2001
>DEGRADATION DE LA SITUATION DES DROITS HUMAINS EN TUNISIE
>Attaques de plus en plus ciblées contre les défenseurs des droits de l'Homme
>Les autorités tunisiennes consacrent des ressources et une énergie
>considérables afin de donner de la Tunisie l'image d'un pays où la
>protection et la promotion des droits de l'Homme constituent une des
>premières priorités. A cette fin, les autorités, qui se font souvent
>assister par d’obscures associations soi-disant non-gouvernementales dont
>l’indépendance est sujette à caution, mènent d’importantes campagnes de
>relations publiques à l’extérieur, et ont créé une armada d’institutions
>officielles en charge des droits de l’Homme au sein de l’administration.
>Celles-ci vont du Ministre des droits de l’Homme au départements des droits
>de l’Homme au sein d’au moins quatre ministères (affaires sociales,
>affaires étrangères, justice et intérieur) en passant par le très étatique
>Haut Comité pour les droits de l’Homme et les libertés fondamentales, des
>conseillers présidentiels aux droits de l’Homme et un ombudsman.
>Paradoxalement, alors que la bureaucratie officielle des droits de l’Homme
>est florissante, les membres des associations indépendantes qui oeuvrent en
>faveur des droits de l’Homme et leur famille se voient de plus en plus
>visés et réprimés. Ces pratiques visent à réduire au silence et à punir
>ceux qui défendent les droits de l’Homme, et à priver les victimes de
>violations des droits de l’Homme de toute possibilité de défense. A cet
>égard, le comportement des autorités tunisiennes est en violation avec les
>conventions internationales des droits de l’Homme auxquelles la Tunisie est
>partie, tels que le Pacte International relatif aux droits civils et
>politiques (PIDCP), et la Convention contre la torture et autres peines ou
>traitements cruels, inhumains ou dégradants (Convention des Nations Unies
>contre la torture), et également avec la Déclaration sur les Défenseurs des
>droits de l’Homme adoptée par consensus - et donc avec l’assentiment de la
>Tunisie - par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 9 décembre 1998.
>Si le fait, pour les autorités tunisiennes, de cibler spécialement les
>défenseurs des droits de l’Homme est un schéma devenu classique depuis déjà
>un certain nombre d’années, le phénomène s’est accentué au cours des
>derniers mois. Fin novembre 2000, un tribunal a suspendu les activités de
>la nouvelle direction de la Ligue des droits de l’Homme (LTDH) , et les
>locaux de la LTDH ont été mis sous scellés. Le prétexte avancé pour cette
>attaque menée contre la LTDH est celui d’une plainte déposée par quatre
>membres de la LTDH connus comme étant proches des autorités, qui mettaient
>en cause la régularité de l’assemblée générale de la LTDH et de l’élection
>d’une nouvelle direction qui avaient eu lieu un mois plus tôt. Cette
>plainte succédait aux violentes critiques émises publiquement par le
>responsable du parti au pouvoir du Président Ben Ali, relayées par une
>presse contrôlée par le gouvernement, à l’égard de la nouvelle direction de
>la LTDH, qui comprenait nombre de défenseurs des droits de l’Homme célèbres
>et connus pour leur franc-parler, qui avaient clairement fait savoir que la
>LTDH relèverait le défi de s’attaquer à la détérioration de la situation
>des droits de l’Homme dans le pays. Le 12 février 2001, le Tribunal
>annulait les résultats de l’assemblée générale de la LTDH d’octobre 2000, y
>compris l’élection d’une nouvelle direction. Depuis la suspension des
>activités de la LTDH en novembre dernier, sa direction et ses membres ont
>été empêchés à plusieurs reprises de se réunir dans des habitations
>privées, dans des bureaux ou dans des cafés ou restaurants, ou tout autre
>lieu public, que ce soit dans la capitale ou d’autres villes. A chaque
>occasion, des agents de sécurité ont encerclé les lieux où devaient se
>tenir les réunions, empêchant ainsi les participants d’accéder non
>seulement au bâtiment où la réunion devait avoir lieu, mais également aux
>rues où se trouvent ces bâtiments. En outre, les autorités ont engagé des
>poursuites judiciaires à l’encontre du Président de la LTDH, Mokhtar Trifi,
>et à l’encontre de son premier vice-président, Slaheddine Jourchi, pour
>avoir signé au nom de la LTDH des communiqués dans lesquels étaient
>dénoncées des violations des droits de l’Homme. Tous deux ont été
>inculpés, en mars et en janvier 2001 respectivement, de diffusion de
>fausses nouvelles et de refus de se conformer à une décision de justice.
>Ils attendent actuellement leur procès.
>Le Dr. Moncef Marzouki, ancien Président de la LTDH et porte-parole du
>Conseil National des Libertés en Tunisie (CNLT) a été condamné en décembre
>2000 à un an d’emprisonnement du chef de diffusion de fausses information
>et de maintien d’une association non autorisée, à savoir, le CNLT (qui
>s’est vu refuser la reconnaissance légale par les autorités). En juillet
>2000, le Dr Marzouki avait été licencié arbitrairement de son poste public
>de professeur de médecine à l’Université de Sousse. Il ne s’agit là que
>des attaques les plus récentes subies par le Dr Marzouki, qui a derrière
>lui une longue histoire de harcèlement. Il avait été emprisonné pendant
>quatre mois au cours de l’été 1994 suite à une interview qu’il avait donnée
>à un journal espagnol à propos de la situation des droits de l’Homme en
>Tunisie. Après avoir récupéré son passeport, en mai 2000, après en avoir
>été privé pendant six ans, le Dr Marzouki se vit à nouveau empêché de
>quitter la Tunisie en décembre 2000, puis encore en mars 2001. D’autres
>membres dirigeants du CNLT et notamment son secrétaire général, Omar
>Mestiri, ont également été poursuivis ou menacés de poursuites, pour le
>même type d’inculpations, et font l’objet d’intimidations, de harcèlement
>et de surveillance constants. A plusieurs reprises, des agents de sécurité
>ont battu ou brutalisé des membres dirigeants du CNLT ou des militants.
>Ainsi, récemment, le 1er mars 2001, alors que le CNLT organisait une
>réception en l’honneur de sa nouvelle direction, les forces de sécurité ont
>empêché la tenue de la réunion en empêchant physiquement les participants
>d’accéder à la maison où elle devait avoir lieu, allant jusqu’à insulter et
>brutaliser certains d’entre eux. Des agents de sécurité ont battu et
>brutalisé Khadija Cherif, membre dirigeante de l’Association tunisienne des
>femmes démocrates (ATFD), Abdelkader Ben Khemis, membre du comité de
>liaison du CNLT, Sihem Ben Sedrine, la porte-parole nouvellement élue du
>CNLT, et d’autres personnes. Le 13 mars 2001 Khadija Cherif était à
>nouveau attaquée par des agents de sécurité, qui s’emparèrent par la force
>de documents qu’elle transportait. Des agressions similaires ont été
>menées à plusieurs reprises à l’encontre de membres du CNLT au cours des
>deux dernières années. En avril 2000, des membres dirigeants du CNLT,
>ainsi que des avocats, des défenseurs des droits de l’Homme et des
>journalistes étrangers ont été battus par la police. Parmi eux figuraient
>Sihem Ben Sedrine et Ali Ben Salem, âgé de 70 ans, lui aussi membre du
>CNLT. En décembre 2000, la voiture de Sihem Ben Sedrine fut fracturée, et
>elle retrouva un couteau de grande taille ainsi qu’un message de menaces à
>l’arrière de la voiture, alors que celle-ci était garée à l’extérieur de
>chez elle, sous les yeux des agents de police qui surveillent étroitement
>le bâtiment 24 heures sur 24. Au cours des derniers mois, des agents de
>police ont systématiquement empêché la tenue des réunions du CNLT en
>encerclant les maisons où elles devaient avoir lieu, et les victimes de
>violations des droits de l’Homme se voient régulièrement empêchées
>d’accéder au bâtiment où se situe le siège du CNLT.
>Un autre cas exemplaire de répression et de harcèlement constants est celui
>de l’avocat défenseur des droits de l’Homme et membre dirigeant du CNLT
>Nejib Hosni. Après avoir bénéficié d’une libération anticipée il y a
>quatre ans à la suite d’une peine de prison qu’il n’aurait jamais dû
>purger, Hosni a été à nouveau emprisonné en décembre 2000. Après avoir été
>arrêté une première fois en 1994, il avait été condamné à un emprisonnement
>de huit ans pour une affaire montée de toute pièce de falsification d’un
>contrat foncier. Il fut libéré fin 1996, à la suite de protestations
>importantes émanant de l’étranger En ce qui concerne l’affaire montée
>contre Nejib Hosni, voir l’analyse détaillée de Lawyers Committee for Human
>Rights, Nejib Hosni : A Tunisian Lawyer Singled Out for Exemplary
>Punishment for Defending Human Rights and Upholding the Rule of Law, New
>York : Lawyers Committee for Human Rights, April 1996.. Cependant, sa
>condamnation était assortie d’une interdiction arbitraire d’exercer la
>profession d’avocat, pendant une durée de cinq ans, et à sa libération, son
>passeport fut confisqué (il ne lui a toujours pas été restitué) et ses
>lignes de téléphone et de fax, tant professionnelles que privées, furent
>coupées, et n’ont jamais été rétablies depuis lors. Au printemps 2000,
>Nejib Hosni reprit l’exercice de la profession d’avocat, ayant reçu
>confirmation écrite de ce qu’il n’avait jamais été suspendu ou radié de la
>part du Conseil de l’Ordre des Avocats, la seule institution habilitée à
>suspendre ou à radier un avocat. Peu après, le Ministre de la Justice
>diffusa des instructions auprès des juridictions de tout le pays, afin
>qu’elles ne permettent pas à Nejib Hosni de traiter des affaires devant
>elles, et que l’accès aux dossiers de ses clients ne lui soit pas accordé.
>En septembre 2000, les autorités entamèrent des poursuites judiciaires à
>son encontre, du chef de refus de se conformer à une décision de justice,
>pour avoir défendu des victimes de violations des droits de l’Homme devant
>différentes juridictions du pays. Il fut condamné le 18 décembre 2000 à un
>emprisonnement de 15 jours. Le 5 janvier, jour où il devait être libéré à
>l’issue de la peine de quinze jours accomplie, le Ministre de l’Intérieur
>révoqua la mesure de libération conditionnelle en vertu de laquelle Nejib
>Hosni avait été libéré en novembre 1996, exigeant qu’il purge le reliquat
>des cinq ans et demi restant à purger de la condamnation à huit ans
>d’emprisonnement qui avait été prononcée en 1996 à la suite de l’affaire de
>faux montée de toutes pièces.
>Radhia Nasraoui, membre du Conseil National de l’Ordre des Avocats
>tunisiens, subit depuis des années un véritable harcèlement et toutes
>sortes d’intimidation en raison de ses activités en faveur des droits de
>l’Homme. En mars 1998, après qu’elle se soit jointe à l’équipe des
>défenseurs d’un groupe de jeunes étudiants et de militants politiques
>accusés d’entretenir des liens avec le Parti Communiste des Ouvriers
>Tunisiens (PCOT), non autorisé, Nasraoui fut inculpée dans la même affaire
>et de ce fait empêchée de les assister en justice. Pendant un an et demi,
>il lui fut interdit de quitter la capitale, ce qui l’empêcha de rendre
>visite à des clients ou d’assister à des audiences ailleurs dans le pays.
>En janvier 1999, elle fut condamnée à un emprisonnement de quinze jours
>avec sursis pour avoir quitté la capitale pour assister aux funérailles de
>sa belle-mère. En juillet 1999, elle fut condamnée à six mois
>d’emprisonnement avec sursis, dans le procès du PCOT dont il est question
>plus haut. En outre, elle, ses enfants et d’autres membres de sa famille
>continuent d’être soumis à des mesures de harcèlement et d’intimidation.
>Ses enfants furent privés de passeports jusqu’en juillet 2000. Le bureau
>et la maison de Me Nasraoui continuent d’être sous surveillance policière
>étroite, ses lignes téléphoniques sont souvent coupées, et on l’empêche
>régulièrement de rendre visite à ses clients en prison, en violation de la
>loi tunisienne.
>Des dirigeants et des membres d’autres ONGs et associations sont eux aussi
>ciblés. En juin 2000, Fathi Chamkhi, Président du Rassemblement pour une
>Alternative Internationale de Développement (RAID) et Mohamed Chourabi,
>membre du RAID, ont été condamnés à un mois d’emprisonnement pour les liens
>qu’ils entretiennent avec des associations non autorisés. Ils avaient été
>arrêtés en avril, en possession de rapports du RAID et du CNLT,
>organisations dont l’autorisation a été refusée par les autorités.
>En octobre 2000, des dirigeantes et des membres de l’Association Tunisienne
>des Femmes Démocrates (ATDF) ont été brutalisées par la police alors
>qu’elles s’étaient rassemblée dans le centre de la capitale pour manifester
>leur solidarité au peuple palestinien. Le 29 janvier 2001, une réunion
>organisée par l’ATDF en signe de solidarité avec la LTDH ne pu se tenir,
>des agents de sécurité empêchant toute personne d’accéder au siège de
>l’ATDF à Tunis.
>Il ne s’agit là que de quelques exemples de la stratégie utilisée par les
>autorités tunisiennes pour empêcher et décourager les Tunisiens de défendre
>les droits des autres. Par ailleurs, et en plus des cas précités, de
>nombreux avocats et défenseurs des droits de l’Homme sont victimes de
>manière persistante d’actes de harcèlement et d’intimidations qui affectent
>leur vie sociale, professionnelle et familiale. Leurs clients, amis et
>parents sont intimidés par des agents de la sécurité en civil qui les
>suivent ou les abordent pour leur poser des questions ou vérifier leur
>identité. Leur vie professionnelle et familiale est également entravée par
>les coupures de lignes téléphoniques et la confiscation du courrier, ce
quiaccroît par ailleurs leur vulnérabilité, en particulier dans les
situations
>d’urgence.
>Les autorités continuent d’utiliser la confiscation des passeports pour
>empêcher les défenseurs des droits de l’Homme de participer à des activités
>qui se déroulent à l’étranger. Si au printemps et en automne 2000 plusieurs
>défenseurs des droits de l’Homme qui en étaient privés depuis plusieurs
>années se sont vus restituer leur passeport, un nombre important de
>défenseurs en sont toujours privés, ou se sont vu confisquer leur passeport
>depuis lors. Parmi eux figurent Nejib Hosni, Sadri Khiari, Ali Ben Salem,
>Mohamed Chourabi, Jalel Zoghlami et Ali Ben Romdhane, membres de RAID ou du
>CNLT.
>En ligne avec leur politique d’entrave aux activités des défenseurs des
>droits de l’Homme en Tunisie et à l’étranger, les autorités tunisiennes ont
>également expulsé ou refusé l’entrée dans le pays à un certain nombre de
>représentants d’organisations internationales de défense des droits de
>l’Homme et à des journalistes étrangers. En juillet 2000, le Président de
>la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) et une
>chercheuse d’Amnesty International, qui sont interdits de séjour en Tunisie
>depuis 1995 et 1994 respectivement, se sont vu refouler à leur arrivée à
>l’aéroport de Tunis. En janvier 2001, l’avocat français Eric Plouvier,
>mandaté par le Réseau Euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) et
>l’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme afin
>d’assister au procès de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, a été
>refoulé à son arrivée à l’aéroport de Tunis. En février 2001, le Secrétaire
>général de RSF, Robert Ménard, et Jean-François Julliard, un membre de
>l’organisation, ont été expulsés de Tunisie (cf. détails infra). D’autres
>défenseurs des droits de l’Homme et journalistes qui ont été interdits de
>séjour ou expulsés de Tunisie les années précédentes n’ont pas été
>autorisés à revenir en Tunisie.
>Restrictions imposées aux media et à la société civile
>La situation qui a amené la World Association of Newspapers, dont le siège
>est à Paris, à expulser son affiliée tunisienne en 1997, n’a pas changé. La
>télévision, la radio et la presse quotidienne tunisiennes ne critiquent pas
>la politique répressive menée par les autorités et ignorent les
>informations des organisations non-gouvernementales tunisiennes et
>internationales relatives à la situation des droits de l’Homme et des
>libertés publiques, ou qui pourraient être perçues comme une critique de la
>politique ou des actions des autorités. Les journaux tunisiens privés
>utilisent le même ton que la presse officielle. Des périodiques plus petits
>qui dévient parfois prudemment de la ligne officielle ont été saisis
>quand ils ont publiés des articles plus osés. Une de ces publications,
>al-Mawqif, a été interdite pour cette raison au cours des derniers mois.
>Deux nouvelles publications, Kalima, publié par Sihem Ben Sedrine, et Kaws
>el(strikethrough: )Karama, publié par Jalel Zoghlami, n’ont pas été
>autorisées par les autorités.
>En février 2001, Jalel Zoghlami a été attaqué et frappé en plein jour et au
>centre de la capitale par des hommes suspectés d’être des agents de
>sécurité. Trois jours plus tard, les forces de sécurité l’ont assailli
>devant sa demeure, ainsi que des amis à lui parmi lesquels des défenseurs
>des droits de l’Homme. Ils ont été battus avec des barres de fer et des
>bâtons et au moins sept d’entre eux ont été gravement blessés. Les forces
>de sécurité sont restées postées en grand nombre devant la maison de Jalel
>Zoghlami pendant toute la nuit et le jour suivant, et ont empêché les
>avocats et d’autres personnes d’entrer dans la maison. 22 personnes, parmi
>lesquelles les blessés, s’y trouvaient. Au printemps 2000, le frère de
>Jalel Zoghlami, Taoufik Ben Brik, journaliste et correspondant de plusieurs
>organes de presse étrangers, a entrepris une longue grève de la faim pour
>protester contre la confiscation de son passeport et le harcèlement
>policier dont lui et sa famille étaient victimes. C‘est également au
>printemps 2000 que les autorités ont fermé pendant trois mois la maison
>d’édition de Sihem Ben Sedrine, Aloès, après la tenue d’une réunion
>publique sur la liberté de la presse en Tunisie dans les locaux.
>Le 21 février, alors que Robert Ménard, le Secrétaire général de RSF,
>Virginie Locussol, responsable de l’Afrique du Nord dans l’organisation, et
>Hervé Deguine distribuaient le journal interdit Kaws el-Karama dans la
>capitale, des policiers en civil ont saisi les exemplaires du journal. Un
>quatrième membre de l’organistion, Jean-François Julliard, qui filmait les
>événements, a été assailli par trois policiers qui ont saisi sa caméra.
>Robert Ménard et Jean-François Julliard ont alors été emmenés à l’aéroport
>et expulsés vers la France par les policiers, qui les ont déclarés personae
>non gratae.
>En mai 2000, quelques jours après avoir publié un article critiquant la
>politique du Président Ben Ali dans le quotidien français Le Monde, Riadh
>Ben Fadhel, journaliste et ancien éditeur de la version arabe du Monde
>Diplomatique, a été frappé et gravement blessé à la poitrine par des hommes
>armés non identifiés. Cette attaque, faisant penser à une tentative
>d’exécution extrajudiciaire, s’est déroulée devant la maison de Ben Fadel,
>proche du palais présidentiel et des résidences des membres de la famille
>du Président, un quartier extrêmement bien gardé.
>Des ONG renommées, comme l’ATFD ou l’ Association Tunisienne des Jeunes
>Avocats (ATJA), et leurs membres continuent de rencontrer des obstacles
>dans leurs efforts de prendre des positions indépendantes sur les questions
>d’actualité. Leurs activités aux niveaux régional et international sont
>entravées par une surveillance policière et par le fait que nombreux sont
>leurs membres qui ont été privés de passeport à un moment ou à un autre. Le
>gouvernement tunisien a également exprimé son désaccord et bloque l’octroi
>d’un financement que la Commission européenne avait approuvé au profit de
>la LTDH.
>Le gouvernement a refusé d’autoriser la création de nouvelles organisations
>de défense des droits civils, étouffant les tentatives en ce sens. Le
>Ministère de l’Intérieur a ainsi refusé d’autoriser le CNLT, créé le 10
>décembre 1998 à l’occasion du 50ème anniversaire de la Déclaration
>Universelle des droits de l’Homme, ainsi que RAID, et leurs membres sont
>continuellement harcelés pour maintenir une organisation non autorisée
>(voir supra).
>Les syndicalistes qui ont exprimé leurs préoccupations concernant le
>contrôle par les autorités de l’Union Générale Tunisienne du Travail
>(UGTT), ont également été la cible d’une répression. En mai 1999, au moins
>dix syndicalistes qui avaient signé des pétitions et prononcé des
>déclarations dénonçant l’interférence du gouvernement dans les affaires de
>l’UGTT, ont été arrêtés et détenus pendant quelques jours.
>Il est difficile pour les ONG et militants tunisiens de communiquer
>régulièrement et librement – entre eux en Tunisie et avec l’étranger - en
>raison de la surveillance et l’interception des communications par
>courrier, téléphone, fax et l’Internet. Une loi sur les
>télécommunications, publiée le 2 juin 1998, stipule que "...tout matériel
>postal portant atteinte à l'ordre public et la sécurité nationale est
>interdit. ...Si un tel courrier est découvert, ... il sera confisqué
>conformément à la loi en vigueur."
>Les sites Internet des organisation internationales de défense des droits
>de l’Homme, des médias et des organes des Nations Unies relatifs aux droits
>de l’Homme sont la plupart du temps inaccessibles, tandis que d’autres
>sites sont bloqués ponctuellement. Les sites de certains journaux et
>stations de radio et de télévision français sont régulièrement bloqués
>lorsqu’ ils critiquent les autorités tunisiennes.
>Répression de toutes les voix divergentesRépression de toutes les voix
>divergentes
>La période de réformes initiée après la prise de pouvoir par le Président
>Zine al-Abidine Ben Ali en novembre 1987 a été extrêmement brève, la
>situation des droits de l’Homme ayant commencé à se dégrader à la fin de
>l’année 1990. Au milieu des années 1990, la répression, qui visait
>principalement les Islamistes, s’est étendue aux militants de gauche et à
>toutes les autres tendances de l’opposition politique, y compris ceux qui
>avaient soutenu les répression de l’opposition islamiste, les leaders
>estudiantins, les syndicalistes, les associations professionnelles, les
>médias, etc.
>Aujourd’hui, les opposants et détracteurs présumés ou avérés du
>gouvernement, à travers l’ensemble du spectre politique, risquent la
>détention pour avoir simplement exercé leur liberté d’expression, d’opinion
>et d’association. Des milliers d’opposants politiques réels ou supposés ont
>été torturés et emprisonnés à l’issue de procès inéquitable au cours de la
>dernière décennie. En dépit de la libération de plus de 500 prisonniers de
>conscience en novembre 1999, environ mille d’entre eux sont toujours en
>prison dans des conditions qui constituent un traitement cruel, inhumain et
>dégradant. Leurs proches sont harcelés, intimidés, privés de leurs
>passeports et détenus.
>Les anciens prisonniers de conscience sont régulièrement empêchés de
>travailler et de reprendre une vie normale et sont appelés à se présenter à
>la police, de plusieurs fois par jour à plusieurs fois par semaine, selon
>les cas. Cette pratique, dénommée contrôle administratif, est selon les cas
>imposée arbitrairement ou par les juridictions comme élément d’une
>condamnation ; dans ce cas, le contrôle administratif est imposé pour une
>période de cinq ans à compter de la libération, mais les anciens
>prisonniers continuent de devoir se présenter à la police longtemps après
>l’expiration des cinq ans. Le cas de Ali Sghaier, père de sept enfants, est
>un exemple de cette pratique : des années après avoir purgé la sentence de
>trois ans à laquelle il a été condamné pour ses opinions politiques, il
>doit toujours se présenter quotidiennement à la police et est empêché de
>travailler ; il ne peut par conséquent pas subvenir aux besoins de sa
>famille. En juin 2000, désespéré, il a emmené son enfant cadet au marché
>hebdomadaire de Douz (Sud du pays) et a brandi un panneau sur lequel était
>écrit : “ on m’empêche de travailler et de nourrir mes enfants, quelqu’un
>souhaite-t-il les acheter ? ”. Il a été arrêté et condamné à six mois
>d’emprisonnement en septembre 2000.
>Les proches des prisonniers politiques sont victimes de harcèlement et
>d’entraves et ceux qui continuent de soutenir financièrement ces personnes
>ainsi que les opposants en exil, même dans une modeste mesure, sont eux
>mêmes poursuivis pour soutenir des “ associations non autorisées ”.
>La privation arbitraire des passeports est une des mesures la plus souvent
>utilisée contre les défenseurs des droits de l’Homme et les opposants
>politiques réels ou supposés, mais aussi contre leurs proches. Cette
>politique fait grandement souffrir les familles des réfugiés politiques qui
>vivent en Europe. Les femmes de ces opposants sont souvent empêchées de
>quitter le pays avec leurs enfants pour bénéficier de la réunification
>familiale. Ceux qui, désespérés, ont tenté de quitter le pays sans
>passeport ont été emprisonnés pendant de longues périodes. Bien que de
>nombreux cas aient été résolus au cours des dernières années, en raison de
>la pression internationale, y compris des démarches entreprises par les
>Etats membres de l’UE, de nombreuses familles restent divisées en raison de
>cette politique vindicative.
>Les Tunisiens ordinaires qui travaillent ou étudient à l’étranger sont
>souvent arrêtés lorsqu’ils rentrent en Tunisie pour voir leur famille et
>sont emprisonnés pour avoir eu des contacts avec les opposants politiques à
>l’étranger, même si dans certains cas, ils n’ont eu que des rapports
>strictement sociaux avec eux, sans être au courant de leurs activités
>politiques. La législation tunisienne a été amendée en 1993 (Article 305 du
>Code de Procédure Pénale) pour inclure une disposition permettant que tout
>Tunisien soit poursuivi en Tunisie pour des activités menées à l’étranger,
>même si ces activités ne constituent pas un délit dans le pays où elles ont
>été accomplies. Au cours des derniers mois, au moins cinq personnes ont été
>arrêtées à leur retour en Tunisie sur la base de ces accusations et ont été
>condamnées à de longues peines de prison.
>Procès inéquitables : un pouvoir judiciaire qui manque d’indépendance
>Les juridictions tunisiennes ne garantissent aucunement les droits
>élémentaires de la défense à un procès équitable quand il s’agit de procès
>impliquant des accusations de nature politique. Les examens médicaux sont
>systématiquement refusés aux défendeurs, bien qu’ils aient le droit en
>vertu de la législation tunisienne de demander de tels examens, et ce même
>quand des séquelles de la torture sont encore apparentes – des mois après
>que ces personnes aient été torturées. Les défendeurs se voient également
>souvent interdire d’appeler des témoins en leur faveur. Les juges ignorent
>généralement leurs allégations selon lesquelles ils ont été contraints par
>la force de signer des “ confessions ”, sans même les avoir lues. Tout au
>contraire, ils utilisent ces “ confessions ” comme principale preuve pour
>les condamner.
>Les défendeurs sont très souvent accusés “d’appartenance à une bande de
>malfaiteurs”, “participation à un projet ayant pour but de porter atteint
>aux personnes ou aux biens”, et autres accusations du même type, bien que
>les délits poursuivis soient strictement politiques et non violents,
>notamment : avoir des liens avec des groupes d’opposition islamistes ou de
>gauche. Il s’agit là d’une tentative des autorités de présenter des
>individus réellement ou prétendument impliqués dans des activités
>d’opposition politique non violentes comme des criminels dangereux ou des
>“terroristes”. Au cours des derniers mois, un grand nombre de prisonniers
>politiques ont entrepris de longues grèves de la faim pour protester contre
>leur emprisonnement, leurs conditions de détention, l’absence
>d’investigations en liaison avec la torture qu’ils prétendent avoir subie,
>et dans certains cas contre leur détention prolongée sans avoir été jugés.
>Pour les punir et les forcer à arrêter leur grève de la faim, les détenus
>en grève de la faim sont souvent battus ou maltraités ; ils se voient
>refuser les soins médicaux dont ils ont besoin, voire même de l’eau sucrée,
>et régulièrement, leur famille et leurs avocats ne peuvent leur rendre
>visite.
>Ainsi, en novembre 2000, Abdellatif Bouhajila, Yassine Benzerti et
>plusieurs jeunes hommes accusés d’avoir entretenu des liens avec un groupe
>islamiste on été jugés pendant qu’ils menaient une longue grève de la faim
>– l’un d’entre eux avait été en grève de la faim pendant 89 jours et
>d’autre pendant plus de 70 jours. Ils ont été amenés au tribunal sur des
>brancards et ont été posés sur des bancs, car ils étaient dans
>l’impossibilité de s’asseoir ou de parler et étaient à peine conscients.
>Leurs avocats ont demandé le report du procès compte tenu de l’incapacité
>des défendeurs de participer au procès, mais le tribunal a refusé et les
>avocats de la défense sont sortis en signe de protestation. Les défendeurs
>ont été jugés et condamnés jusqu’à 17 ans de prison, sans avoir bénéficié
>d’aucune défense. De nombreux avocats tunisiens et défenseurs des droits de
>l’Homme ainsi qu’un député européen ont assisté à ce procès. Les
>représentants des ambassades européennes en Tunisie ont également assisté à
>plusieurs procès de défenseurs des droits de l’Homme et personnes jugées
>pour leurs opinions politiques.
>Les droits de la femme en Tunisie
>Depuis l'indépendance, la condition de la femme en Tunisie a connu de
>véritables progrès. Le Code du statut personnel, adopté sous le président
>Habib Bourguiba, a accordé aux femmes de nombreux droits dont elles ne
>bénéficiaient pas auparavant. Le taux d'analphabétisme féminin a chuté,
>leur présence dans l'éducation supérieure et dans la population active n'a
>cessé d'augmenter.
>Cependant, les femmes subissent autant que les hommes des restrictions
>concernant l'exercice de leurs droits civils et politiques. Les tentatives
>de l'ATFD pour mobiliser l'opinion publique en faveur de certains domaines
>dans lesquels la situation de la femme pourrait être améliorée, à travers
>communiqués, campagnes, manifestations ou réunions, sont systématiquement
>étouffées. Les manifestations publiques sont souvent interdites par les
>autorités. Certains membres, telles que l'avocate Najat Yacoubi, sont
>soumises à une surveillance constante. Les médias pro-gouvernementaux
>ignorent leurs activités, sauf pour colporter des rumeurs sur une
>association de "libertines", de "lesbiennes" et en donner une fausse image.
>Par ailleurs, les autorités harcèlent de manière systématique les épouses
>de militants islamistes présumés qui sont en prison ou en exil. Celles-ci
>sont soumises à des détentions arbitraires, une surveillance constante, des
>perquisitions sans mandat, des interrogatoires de la police ou la privation
>de passeports. Certaines femmes ont subi des pressions de la part de la
>police pour divorcer de leur mari emprisonné ou exilé. Ces violations du
>droit ont été dénoncées dans le rapport du Rapporteur spécial des Nations
>unies sur la violence à l'encontre des femmes (E/CN.4/1999/68/Add.1).
>Dans un autre domaine de la condition féminine, celui de la violence
>domestique, des progrès sont encore nécessaires. Selon l'ATFD, qui dirige
>le seul centre d’accueil du pays pour les femmes victimes d'abus, les
>violences faites aux femmes dans le cadre familial sont courantes.
>Pourtant, les représentants du gouvernement ne reconnaissent pas ce fait
>et, selon des militantes du droit des femmes, l'impunité prévaut, en raison
>du manque d'investigations de la part de la police et de l'indifférence de
>juges qui considèrent la violence familiale comme une affaire strictement
>privée. Là aussi, les restrictions sur les libertés politiques contribuent
>à ce problème : l'ATFD a demandé en vain à plusieurs reprises au
>gouvernement d'accorder aux organisations indépendantes le droit de
>combattre, en toute liberté, les violences dont sont victimes les femmes.
>Le traitement de la situation des droits de l’Homme en Tunisie par les
>organes internationaux
>L’Union européenne
>Les Etats membres de l’Union européenne sont conscients des violations des
>droits de l’Homme et des restrictions faites aux libertés démocratiques et
>aux libertés d’expression et d’association en Tunisie. Le Parlement
>européen a adopté deux résolutions, en juin et en décembre 2000 (cf. supra
>), par lesquelles il exprime sa préoccupation face à la dégradation
>constante de la situation des droits de l’Homme en Tunisie et appelle l’UE
>à prendre des mesures concrètes pour traiter de cette question.
>Le rapport d’évaluation du programme Meda-Démocratie pour 1996-1998,
>préparé pour la Commission européenne et publié en mars 1999, cite la
>Tunisie, dans la Section 2.9, comme l’un des pays euro-méditerranéens
>connaissant de graves problèmes dans la mise en oeuvre des activités de
>promotion des droits de l’Homme et des libertés démocratiques :
> La Syrie et la Tunisie ont reçu la plus faible part des financements non
> seulement en terme de subventions par pays et per capita. Cela résulte
> des obstacles politiques importants posés au soutien direct des ONG dans
> ces pays sans l’accord du gouvernement, ainsi que de la nature
> totalitaire des systèmes politiques en place en Syrie et en Tunisie.
>Les Nations Unies
>Les mécanismes de protection des droits de l’Homme des Nations Unies
>présentent une sombre image de la situation en Tunisie. En décembre 2000,
>la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les
>défenseurs des droits de l’Homme a exprimé sa préoccupation concernant la
>suspension des activités de la LTDH et les intimidations dont sont victimes
>ses membres et a appelé le gouvernement tunisien à mettre fin au
>harcèlement des défenseurs des droits de l’Homme dans le pays.
>En février 2000, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté
>d’expression et d’opinion a publié un rapport (E/CN.4/2000/63/Add.4)à la
>suite de sa visite en Tunisie en décembre 1999, rapport dans lequel il
>exprime ses nombreuses préoccupations s’agissant des entraves imposées par
>les autorités à ces libertés et appelle fermement le gouvernement à adopter
>des mesures concrètes pour remédier à ces préoccupations.
>En novembre 1998, le Comité des Nations Unies contre la torture a examiné
>le rapport de la Tunisie (soumis avec quatre ans de retard par le
>gouvernement), et s’est déclaré “ troublé par les rapports faisant état
>d’une pratique répandue de la torture ” et “ préoccupé par les pressions et
>les intimidations auxquelles les autorités ont recours pour empêcher les
>victimes de déposer des plaintes ”. Le comité a renchéri en affirmant qu’en
>rejetant ces allégations, les autorités tunisiennes “ permettaient en fait
>aux auteurs d’actes de torture de jouir de l’impunité, et encourageaient
>ainsi la poursuite de ces pratiques odieuses ”. Il a appelé le gouvernement
>à garantir la stricte mise en œuvre des dispositions de la loi et des
>procédures lors des arrestations et des gardes à vue (Cf. Conclusions
>finales du Comité contre la torture, CAT/C/TUN, 19 novembre 1998). Le
>Rapporteur spécial des Nations Unies contre la torture, a quant à lui
>demandé à effectuer une visite en Tunisie en octobre 1998 mais n’a reçu
>aucune réponse des autorités.
>Lors de ses sessions de 1998 et de 1999, la Sous-Commission des droits de
>l’Homme des Nations Unies a exprimé sa préoccupation sur les cas de Khémaïs
>Ksila (qui a bénéficié d’une libération conditionelle en 1999) et de Radhia
>Nasraoui, deux défenseurs des droits de l’Homme cités précédemment. En mai
>1999, le groupe de travail sur la détention arbitraire a conclu l’examen du
>cas de Khémaïs Ksila par un avis affirmant le caractère arbitraire de sa
>détention.
>Le gouvernement tunisien devait présenter son cinquième rapport périodique
>au Comité des droits de l’Homme des Nations Unies en février 1998 mais, à
>ce jour, il ne s’est pas acquitté de cette obligation. En octobre 1994,
>après avoir examiné le quatrième rapport périodique de la Tunisie, le
>Comité des droits de l’Homme des Nations Unies s’est déclaré préoccupé par
>la situation des droits de l’Homme en Tunisie et a appelé le gouvernement
>tunisien à mettre en œuvre une série de recommandations tendant à ce que la
>Tunisie se conforme à ses obligations en vertu du Pacte international
>relatif aux droits civils et politiques ( Cf. Conclusions du Comité des
>droits de l’Homme adoptées le 2 novembre 1994, CCPR/C/79/Add.43). A ce
>jour, aucune des principales recommandations n’a été mise en œuvre dans la
>pratique.
>/FIN

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