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TUNISIE Amnesty International
Un défenseur des droits humains condamné à un an
d'emprisonnement BULLETIN
D'INFORMATION 001/01
Index AI : MDE 30/001/01 2 janvier 2001
"La condamnation du défenseur des droits humains Moncef
Marzouki à une peine de douze mois d'emprisonnement marque une nouvelle étape
dans la politique de répression implacable menée contre les militants des
droits humains par les autorités tunisiennes", a déclaré ce jour (mardi 2 janvier 2001) Amnesty
International.
À la suite d'un procès
inique, Moncef Marzouki a été condamné le 30 décembre 2000 à huit mois
d'emprisonnement pour "maintien d'une
association non autorisée" et à quatre
mois d'emprisonnement pour "propagation
de fausses nouvelles de nature à troubler l'ordre public".
Le premier chef d'accusation est lié à son appartenance
au Conseil national des libertés en Tunisie (CNLT), dont il est le
porte-parole. Cette organisation, qui a vu le jour le 10 décembre 1998 mais
n'a jamais été reconnue par les autorités tunisiennes, s'est activement
employée, au cours des deux dernières années, à dénoncer les violations des
droits humains commises dans le pays et à mener campagne contre ces
agissements.
Le second chef
d'accusation a trait à un document qu'il avait diffusé au cours d'une réunion
de défenseurs des droits humains organisée au Maroc en octobre dernier, dans
lequel il dénonçait le non-respect des droits fondamentaux et des libertés
publiques en Tunisie.
Pour l'heure,
Moncef Marzouki est toujours en liberté, dans l'attente d'un appel que ses
avocats doivent interjeter dans les dix jours consécutifs à sa condamnation.
Si la décision rendue à son encontre en première instance est confirmée, cet
homme sera incarcéré et considéré par Amnesty International comme un
prisonnier d'opinion.
Le 16 décembre,
lors d'une première audience, à laquelle avait assisté un délégué d'Amnesty
International, le tribunal de première instance de Tunis avait décidé de
reporter l'ouverture de ce procès.
Ces
derniers mois, Moncef Marzouki a été harcelé de manière répétée par les
autorités. En juillet 2000, il a été arbitrairement licencié de son poste de
professeur de médecine à l'université de Sousse, avant de se voir interdire de
quitter le pays au mois d'octobre.
Complément d'information
Ces dernières semaines, les autorités ont intensifié
leur campagne de harcèlement et d'intimidation contre les défenseurs des
droits humains et ont multiplié les initiatives destinées à limiter leurs
activités.
Nejib Hosni, éminent avocat
spécialisé dans la défense des droits humains, purge actuellement une peine de
quinze jours d'emprisonnement, prononcée à son encontre au terme de son procès
le 18 décembre dernier. Ce juriste, qui fait également partie du CNLT, a été
battu par les policiers qui l'ont arrêté. Il a été condamné pour avoir
recommencé à exercer sa profession d'avocat, alors qu'il se l'était vu
interdire après avoir été incarcéré sur la base d'accusations forgées de
toutes pièces de 1994 à 1996, période durant laquelle Amnesty International le
considérait comme un prisonnier d'opinion. Les autorités avaient
arbitrairement décrété cette interdiction sans l'aval du Conseil de l'ordre
des avocats tunisiens, qui est pourtant la seule institution à même de décider
si un avocat doit être suspendu ou radié du barreau.
Le 27 novembre 2000, les autorités ont interdit
de facto la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH),
principale organisation tunisienne de défense des droits humains. Le
gouvernement a mis la main sur tous les dossiers de la Ligue relatifs à des
violations des droits humains ; toute personne qui poursuivrait les activités
de la LTDH peut désormais être considérée comme coupable d'une infraction.
Cette organisation a ensuite été mise sous administration judiciaire, en
attendant qu'un procès décide du devenir de la LTDH. Au cours d'une audience
préliminaire tenue le 25 décembre, l'ouverture de ce procès a été repoussée au
15 janvier 2001.
Le 14 décembre 2000,
le Parlement européen a adopté une résolution dans laquelle il se déclare
préoccupé par la multiplication des attaques à l'encontre des défenseurs des
droits humains en Tunisie, et demande instamment que des mesures soient prises
pour remédier à cette situation.
Pour obtenir de plus amples informations, veuillez
contacter le Service de presse d'Amnesty International, à Londres, au +44 20
74 13 5566 ou consulter notre site web : http://www.amnesty.org/
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La version originale en langue
anglaise de ce document a été éditée par:Amnesty International, International
Secretariat,1 Easton Street, WC1X ODW, London, United
Kingdom.
Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite
et diffusée aux sections francophones et au Secrétariat International
par:
Les
Éditions Francophones d'Amnesty International - ÉFAI
Vous pouvez également consulter le
site ÉFAI sur internet: http://efai.i-france.com
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